Anna Targett

La pierre de Rosette au British Museum de Londres – A la découverte des secrets de l’Égypte ancienne

Remarque: Cet article de blog redigé par Anna Targett a été traduit de l’anglais en français par Edward Foster.

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Un des objets les plus appréciés du British Museum de Londres est la pierre de Rosette. Son aspect est pourtant peu remarquable. La taille d’un enfant, les bords fissurés, sans la moindre couleur, elle porte des inscriptions sur une seule face. Elle n’impressionne guère et les mots qui y sont gravés n’expriment que de ternes décrets officiels. Elle s’agit pourtant d’une des pierres les plus célèbres au monde. Pendant plus de 20 ans, elle fut l’objet d’une compétition pour le déchiffrage d’un code composé de formes et d’images étranges, véritable clé pour enfin comprendre la vie de l’Égypte antique.

Il y a encore 200 ans, les ruines d’Égypte présentaient un mystère, non seulement pour nous Européens mais aussi pour les Égyptiens eux-mêmes. Les statues, les obélisques étaient couverts de symboles – des hiéroglyphes – que personne n’avait su lire depuis plus de 1300 ans. A la fin du XVIII e siècle, la Grande-Bretagne et la France étaient en guerre. Napoléon avait envahi l’Egypte et la Grande-Bretagne envoya ses militaires les plus brillants pour l’arrêter. A cette époque, les deux pays partageaient une passion pour l’Antiquité… et cette rivalité s’étendit donc jusqu’au domaine de la culture antique.

The British Museum is a museum dedicated to human history, art, and culture with over 8million artefacts in its permanent collection. Le British Museum est un musée consacré à l’histoire humaine, à l’art et à la culture avec plus de 8 millions d’objets dans sa collection permanente. Crédit photo: ©British Museum.

En 1799, des militaires français découvrirent une pierre de construction dans la ville d’El Rachid, connue alors sous le nom de Rosette, sur le delta du Nil . Remontant à 196 ans avant J-C, cette pierre avait été réutilisée pour un bâtiment maintenant disparu. Il y était inscrit une proclamation en deux langues antiques: le grec et l’égyptien ancien. Pour sa part, le texte en égyptien y était transcrit en deux écritures différentes, la forme hiéroglyphique et le démotique. Ces deux écritures étaient devenues inintelligibles depuis des siècles. Les hiéroglyphes avaient été utilisés uniquement par les prêtres et les rois jusqu’en l’an 394 de l’ère chrétienne. Le démotique, la forme populaire des hiéroglyphes, disparut un siècle plus tard, vers 492.

Ainsi commença la renommée de la pierre de Rosette… On s’aperçut que ces trois textes portaient tous le même message. En comparant les trois passages identiques, il deviendrait forcément possible de déchiffrer les hiéroglyphes! Les Français comprirent immédiatement qu’ils étaient tombés sur un objet exceptionnel. Des copies furent imprimées afin d’être diffusées en Europe. Mais dans la confusion des batailles, la pierre se retrouva malencontreusement entre les mains des Anglais suite à un traité de paix. En 1801, les Anglais l’emmenèrent vite à Londres avant que les Français ne puissent la récupérer.

British Museum: The Rosetta Stone in Gallery. Photo Credit: © British Museum, London. British Museum : La pierre de Rosette dans la galerie. Crédit photo: © British Museum, Londres.

Exposée au British Museum de Londres, des copies en plâtre furent réalisées afin que les savants puissent l’étudier et on en distribua aux grands centres universitaires du royaume : Oxford, Cambridge, Édimbourg, Dublin. Des érudits de toute l’Europe se mirent au déchiffrage. Traduire le grec ancien était assez simple. Puis rapidement, les noms propres du texte en écriture démotique furent déchiffrés (Ptolémée, Alexandre, Alexandrie) puis transcrits dans un système alphabétique. Dans le texte hiéroglyphique, on constata que ces noms royaux étaient contenus dans des « cartouches » ovales. Mais les découvertes s’arrêtèrent là.

Thomas Young, physicien, médecin et linguiste anglais, commença plus tard à étudier de plus près le texte démotique. Il se rendit compte que celui-ci contenait également des caractères non-alphabétiques. Parmi les hiéroglyphes, il parvint à identifier et à traduire certains symboles ; il se rendit alors compte que ceux-ci étaient à la fois symboliques et phonétiques. Quinze ans furent nécessaires pour en arriver là et, malgré tout, ces langues étaient encore inintelligibles.

British Museum: The Rosetta Stone Front. Photo Credit: © British Museum, London. British Museum: La façade de la pierre de Rosette. Crédit photo : © British Museum, Londres.

Puis entra dans la course Jean-François Champollion, jeune savant français en correspondance avec Thomas Young. Lui aussi croyait au caractère symbolique des hiéroglyphes, mais ce ne fut qu’après la découverte d’une autre tablette hiéroglyphique en Égypte qu’il fit un grand pas en avant. Champollion put ainsi comparer des cartouches contenant le nom « Cléopâtre » et confirma ce que Young avait déjà pressenti: les hiéroglyphes étaient également phonétiques.

Mais Champollion possédait un atout supplémentaire par rapport à Thomas Young: il savait lire la langue copte, le dérivé moderne du démotique. Il profita de cette connaissance, ainsi que celle du grec ancien, pour pouvoir en déduire la valeur phonétique de nombreux symboles et ainsi déchiffrer les caractères picturaux. Petit à petit, Champollion affina sa compréhension des symboles et il développa une structure grammaticale de la langue afin de réaliser une traduction complète à la fois des écritures hiéroglyphique et démotique.

British Museum: The Rosetta Stone. Photo Credit: © British Museum, London. British Museum: La pierre de Rosette. Crédit photo : © British Museum, Londres

C’est donc le Français Jean-François Champollion qui déchiffra les hiéroglyphes et publia finalement ses découvertes en 1824. Il fit un voyage en Égypte et pendant un certain temps, il était la seule personne au monde capable de lire l’Égyptien ancien, le seul à pouvoir enfin lire et comprendre, 1400 ans après, les hauts faits des pharaons, leurs victoires, leur grandeur. C’est le père du déchiffrement des hiéroglyphes.

Au British Museum, on trouve de nombreux objets originaires de l’Égypte ancienne : des têtes de pharaons, des obélisques, des sarcophages, et bien sûr des momies très visitées. Mais il y a aussi des objets provenant de nombreuses autres cultures qui racontent d’étonnantes histoires du monde entier au cours des millénaires.

Utiliser un guide touristique « Blue Badge » est le moyen idéal pour vous faire vivre ces cultures. Même les objets les plus modestes sont susceptibles de prendre beaucoup de signification lorsque l’on considère leur influence d’alors; certains sont même devenus des symboles importants de notre monde actuel. Choisissez une visite guidée des objets principaux du Musée ou bien immergez-vous davantage dans une culture ou deux : celle de la Mésopotamie peut-être, des Grecs, des Romains ou des Anglo-saxons.

British Museum: The Rosetta Stone Right. Photo Credit: © British Museum, London. British Museum: La pierre de Rosette à droite. Crédit photo : © British Museum, Londres.

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Remarque: Cet article de blog redigé par Anna Targett a été traduit de l’anglais en français par Edward Foster.

Anna Targett

 

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